Votre moteur est-il trop sollicité ?

Votre moteur est-il trop sollicité ?
La vie offre un excès de sollicitations toutes plus stimulantes les unes que les autres. Choisir les activités et pourvoir aux obligations devient vite étourdissant. En ajoutant les bruits incessants, les lumières artificielles à toutes heures, la densité urbaine, ces éléments amènent un enchaînement de stress sans fin. Nous nous sommes lentement éloignés de l’environnement dans lequel nous avons évolué pendant des millénaires. Adieu la nature, les forêts et les ruisseaux, le travail physique et un rythme de vie dicté par le soleil…

IMPACT DU STRESS SUR NOTRE SANTÉ
D’une manière générale, le stress diminue l’efficacité du système immunitaire, nous empêchant de combattre convenablement les maladies passagères (grippe, bronchite, etc.) et les dégénérescences liées à l’âge ou à l’environnement, le redouté cancer en particulier.
Il semble généralement admis que le stress est la conséquence de la pression du temps. Les chercheurs ont compris que ce n’est pas notre sentiment psychologique de pression qui est la base des désordres physiques et mentaux associés au stress. En effet la cause de ces désordres est d’ordre physique et elle est liée à la production d’hormones de stress produites en réaction à une situation qui est détectée comme étant menaçante par notre cerveau. Ces hormones sont produites pour nous permettre de faire les deux seules choses possibles devant un danger : combattre ou fuir.

FONCTIONNEMENT DES HORMONES DU STRESS
Pour poser l’un ou l’autre de ces gestes, nous avons besoin d’énergie. Ce sont donc ces deux hormones qui vont nous fournir l’énergie nécessaire pour combattre ou fuir, si le risque est trop important. C’est cette superbe réponse qui nous a permis de chasser les mammouths de la préhistoire ou de les fuir avec succès lorsqu’ils étaient trop gros.
Toutefois, la recherche a aussi démontré que lorsqu’elles sont sécrétées, ces hormones ont la capacité de remonter au cerveau et d’affecter notre mémoire et la régulation de nos émotions en agissant sur les régions du cerveau impliquées dans ces activités. C’est l’action des hormones de stress sur le corps et le cerveau qui explique qu’une production importante de ces hormones sur une base chronique est à la base de différents désordres physiques et mentaux liés au stress dit chronique.

OVERDOSE D’ADRÉNALINE ET DE CORTISOL.
Lorsque le stress devient chronique, nos glandes surrénales produisent deux hormones : l’adrénaline et le cortisol. L’adrénaline favorise la circulation sanguine vers le cœur, les poumons et les muscles squelettiques, en d’autres termes vers les organes vitaux, pour faire face à un danger imminent. Cela se fait au profit d’autres systèmes d’organes qui sont ms au ralenti : système immunitaire, système digestif et reproductif.
Le cortisol stimule la synthèse de glucose au niveau du foie, provoquant des yoyos de glycémie sanguine. En excès, il bloque le processus inflammatoire et l’action du système immunitaire. Il inhibe la production d’hormones sexuelles, la formation osseuse et diminue l’absorption de calcium au niveau intestinal. Il agit aussi sur la coagulation sanguine en favorisant la formation de caillots.
Bref, cette situation est tenable si les pics de stress arrivent de manière occasionnelle. Mais ces bouleversements métaboliques et fonctionnels sont destructifs à long terme.

DÉCOUVERTES IMPORTANTES AU SUJET DU STRESS
Et voici maintenant l’information la plus importante ayant émergé de l’étude scientifique du stress au cours du dernier siècle. Les chercheurs ont démontré qu’il faut qu’une situation comporte au moins l’une des quatre caractéristiques suivantes pour induire une réponse de stress qui peut nous être délétère à long terme. Ces quatre caractéristiques vont faire en sorte que peu importe qui vous êtes, peu importe votre sexe, votre âge ou votre travail, vous allez produire des hormones de stress, et ce, à tous coups.
CONTRÔLE : Vous devez avoir l’impression que vous n’avez pas le contrôle sur la situation.
IMPRÉVISIBILITÉ : La situation doit être imprévue ou imprévisible pour vous.
NOUVEAUTÉ : La situation doit être nouvelle pour vous.
ÉGO MENACÉ : La situation doit être menaçante pour votre égo.
Essayez de disséquer vos réactions de stress selon ces quatre paramètres et vous verrez qu’ils sont, à des degrés et combinaisons divers, à la source même de votre réponse de stress.
La différence d’avoir l’impression plutôt que la réalité réside dans le fait que chaque personne perçoit un événement stressant selon sa propre vision, donc possède sa propre recette du stress. La découvrir nous permet de mieux saisir le phénomène, de la même façon que connaître les ingrédients d’une recette de cuisine vous permettra de comprendre pourquoi la crise d’allergie s’est produite et comment l’éviter par la suite.

OUTILS ANTISTRESS
Heureusement certaines mesures peuvent vous outiller pour réduire le stress et l’état d’anxiété.
1. Dix minutes de méditation chaque matin calme l’esprit et aide à faire la part des choses au cours de la journée. Ou encore, pratiquer la respiration consciente lors d’une situation perturbatrice ramène l’attention au moment présent et dissipe la montée d’anxiété.
2. L’activité physique est un moyen pour laisser sortir la pression et régularise les hormones de stress. Idéalement le programme doit inclure une activité anaérobique, par exemple une marche journalière, et une activité aérobique deux fois par semaine comme la natation, le vélo ou la danse par exemple.
3. Du côté de l’alimentation il convient de favoriser des aliments fournissant une énergie stable tout au long de la journée. Éviter le pain blanc et les confitures du déjeuner et privilégier les œufs, fruits de saison, grains entiers ou sarrasin.
4. S’efforcer d’avoir un sommeil de qualité et dormir un nombre d’heures suffisant en adoptant de saines habitudes. Le manque de sommeil augmente les réactions de stress, d’anxiété et de colère disproportionnée.
5. Plantes antistress. Le protocole suggéré à base de plantes sera construit autour des trois axes suivants : l’apport quotidien de minéraux à l’organisme, une plante adaptogène agissant comme traitement de fond et une plante calmante à action rapide. Bien sûr la stratégie peut varier en fonction des individus et des plantes disponibles.

STRATÉGIES À L’AIDE DES PLANTES MÉDICINALES
1. Apport en minéraux
L’équilibre du système nerveux repose en grande partie sur la disponibilité de minéraux qui permettent une bonne construction du signal nerveux. Ors, les études réalisées à grande échelle nous disent qu’une majorité de la population dans les pays industrialisés est carencée en minéraux, le magnésium en particulier. Quatre de tisanes par jour de tisane d’ortie ou de ma tisane La Minérale (ortie, avoine, framboisier et camomille) est un excellent apport en calcium, potassium et magnésium, sous une forme très assimilable. Car ces minéraux sont relâchés dans l’eau chaude sous forme ionisée et pénètrent donc directement au travers de la paroi des intestins sans digestion nécessaire. Faire une cure de deux semaines.
2. Plantes adaptogènes
Les plantes adaptogènes calment l’hyperactivité des glandes surrénales afin de diminuer petit à petit les sécrétions d’hormones de stress (adrénaline et cortisol). Elles commencent à s’exprimer pleinement au bout de 2 à 3 semaines. Faites une cure de 6 semaines. En voici quelques-unes : éleuthérocoque, ashwaganda, schisandra, basilic sacré, rhodiole, etc. Mes préférées seraient ashwaganda et basilic sacré.
3. Plantes antistress ponctuelles
Afin de complémenter les effets adaptogènes choisie, utiliser des plantes ayant une action plus rapide peut aider à gérer un épisode stressant. Voici quelques exemples : valériane, houblon, tilleul, camomille allemande, mélisse, etc. La forme la plus pratique sera en concentré liquide, fabriquée à partir de plantes fraîches, car il est plus facile pour vous de trouver la quantité qui vous convient.

Valériane oct 2012 055

Racines de valériane

Houblon, une plante sédative et amère

Cônes de houblon

Camomille allemande 2013 07 05 009

Camomille allemande

UN PEU PLUS SUR CERTAINES PLANTES RELAXANTES
1. Mélisse
La mélisse calme les palpitations, améliore la digestion et favorise le sommeil, surtout après un travail intellectuel ou des soucis prolongés. Son goût et son innocuité totale en font une plante de choix pour l’enfant et la femme enceinte. Elle soulage bien les colons irritables, les crampes d’estomac, les vomissements de la grossesse, l’insuffisance hépatique et l’insomnie des anxieux.
2. Camomille allemande
La camomille allemande est bénéfique si le stress est accompagné de problèmes digestifs et particulièrement pour les enfants. Peut-être avez-vous des fleurs dans votre jardin ? Infuser à couvert 1 c. à thé de fleurs par tasse d’eau presque bouillante.
3. Valériane
La valériane favorise l’endormissement, un sommeil calme et réparateur. Elle apaise. Étrangement, la valériane ouvre l’accès aux rêves.  On lui attribue aussi une action vermifuge et antidiabétique en réduisant la polyurie et la polydipsie du diabétique. Elle convient aux sujets qui, pour maîtriser leurs émotions, se rigidifient dans leur corps, frôlant ainsi l’hystérie, par un trop grand contrôle du mental. La valériane nous aide à accepter de prendre son temps, elle est donc une aide précieuse dans notre société stressée.
4. Houblon
Avec des effets parfois puissants sur le cerveau ou les nerfs de l’homme, le houblon agit sur l’ensemble des grands systèmes de régulation que sont les systèmes nerveux, hormonal et immunitaire. Le houblon est couramment utilisé pur les troubles du sommeil. Il favorise aussi l’appétit par son amertume.

PRÉCAUTIONS
Si vous prenez des médicaments, consulter une herboriste qualifiée ou un professionnel de la santé avant d’ajouter des plantes peut vous éviter bien des ennuis.

CONCLUSION
Le stress, lorsqu’il est aigu, est une réponse extrêmement bien adaptée du corps qui nous permet de vivre, de survivre et de performer. Ce n’est que lorsqu’il devient chronique qu’il commence à avoir des effets néfastes pour notre santé physique et mentale.

RESSOURCES
DEPOËRS, P., LEDOUX, F., MEURIN, P., De la lumière à la guérison, La phytothérapie entre science et tradition, Éditions Amyris, Bruxelles, Belgique, 2008, 510 p.
LUPIEN, Sonia, Par amour du stress, Éditions au Carré inc., 2010, 275 p.
Magazine Plantes & Bien-être, no 15, août 2015

Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de la santé.

 

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